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Rufus Wainwright DE LA POP à L'OPéRA

le 03/03/2008 par stephie

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Tu es également en train de travailler sur un opéra en français ?
Rufus Wainwright : Oui, j’écris un opéra en français. Je l’écris en français car il se passe à Paris et parce que je parle cette langue. Et puis, je ne suis pas totalement convaincu par les opéras en anglais. Cela sonne bizarre. Je suis un grand fan de l’opéra français.

Tu sembles aimer tout spécialement Paris. Tu avais déjà interprété le morceau, La Complainte de la Butte pour le film Moulin Rouge et tu avais repris des vieux titres d’Arletty ?
Rufus Wainwright : Oui, c’est vrai. J’aime et je déteste à la fois Paris. On peut comparer Paris à une femme très belle mais en même temps insupportable ! (Rires) Quand elle s’avance vers toi avec tous ses atours, c’est la plus belle chose au monde. Mais quand il fait froid, et qu’elle s’éloigne, c’est impitoyable ! C’est une ville très fascinante.

Est-ce c’est toi qui va jouer le premier rôle dans ton opéra ?
Rufus Wainwright : Non, je suis juste l’auteur. Je vais m’asseoir dans la salle et l’écouter.

On a souvent comparé ta musique à un opéra pop. Est-ce que tu penses que cette nouvelle création est une sorte d’aboutissement ?
Rufus Wainwright : Pour moi, c’est arrivé par chance. Ecrire un opéra, c’est ma vraie passion. C’est l’ultime expression artistique. C’est ce que je ressens en tant qu’artiste. Je me verrais bien finir ma carrière dans le monde de l’opéra. J’ai toujours chanté des titres pop et fait des concerts pour gagner de l’argent car il n’y en a pas dans le milieu de l’opéra.

Tu penses qu’avant tu n’avais pas les moyens de le faire financièrement ? Rufus Wainwright : Oui et je n’avais pas l’histoire non plus. Mais j’ai de l’expérience dans la création de chansons et c’est ce qui manque au monde de l’opéra. On a oublié qu’un opéra est constitué de chansons. Je pense que je peux apporter quelque chose.

Quand sera prêt cet opéra ?
Rufus Wainwright : Dans deux ou trois ans. Mais le temps passe tellement vite ! (Rires)

Passons à un autre sujet, les voyages. La pochette de ton dernier album, Release The Stars, a pour image un bâtiment de Berlin. Pourquoi l’as-tu choisi ?
Rufus Wainwright : Oui, c’est le musée Pergamon. J’ai réalisé en grande partie cet album à Berlin. Mon petit ami habitait à Berlin, il en est originaire. Maintenant, il est à New York. J’ai donc passé un moment très romantique à Berlin. Je suis très influencé par l’endroit où je me situe géographiquement. Je suis un écrivain des boulevards, des cafés, des parcs…Ce sont toujours des sujets de mes chansons.

C’est dans ces lieux que tu aimes écrire ?
Rufus Wainwright : Je suis influencé par eux mais ce n’est pas dans les cafés ou dans les parcs que j’écris. Mais après y avoir été, comme à Sanssouci (NDLR : un palais près de Berlin), cela me donne de l’inspiration. C’est très important pour moi.

Tu as vécu dans de nombreuses villes : Montréal, Los Angeles, New York, Berlin etc. Comment ces villes ont influencé ton travail ? Montréal, par exemple ?
Rufus Wainwright : Montréal est une ville spéciale pour moi. C’est là que j’ai passé mon enfance. C’est l’une des meilleures villes pour composer : Leonard Cohen ou même des artistes francophones comme Richard Desjardins, ou moi, ma sœur Martha et ma mère, nous avons habité dans cette super ville musicale. Il y a également Arcade Fire qui vient de cette ville. Montréal est une addition de plusieurs choses. Elle est française, anglaise, à moitié européenne, à moitié canadienne. Il y fait froid ! (Rires) C’est magnifique durant l’été. C’est vraiment une ville fantastique.

J’ai lu que tu étais accro au sucre. Comment arrives-tu à résister en France ?
Rufus Wainwright : (Rires) Oui ! Mon dieu ! Je me sens comme Pacman quand je suis en Europe avec tous ces chocolats. Je suis accro au chocolat et aussi au nougat. Mais je dois faire attention, cela devient dangereux !