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The Noisettes UN GROUPE NON INFLUENçABLE
le 21/01/2008 par stephie
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Un trio de londoniens a balayé l’été par son rock survolté et diaboliquement efficace. The Noisettes , emmenés par la très féline Shingai Shoniwa, ont sorti l’année dernière un premier album intitulé What's The Time Mr. Wolf? . Sacré révélation du festival Rock En Seine de Paris, le groupe anglais a fait couler beaucoup d’encre. C’est en toute logique, qu’il s’est retrouvé tête d’affiche du festival des Inrocks à l’automne dernier. Quelques heures avant leur prestation à Lille, Adrenalyn a pu questionner le batteur Jamie Morrison sur ce succès mérité. Le musicien de The Noisettes en a profité pour égratigner la presse britannique. Pour lui, la liberté d’opinion musicale est inexistante en Angleterre.
Merci à Martin Simon et à Tiphaine.
Peux-tu nous présenter en quelques mots ton groupe ?
Jamie Morrison : The Noisettes est un mélange de Led Zeppelin, Billie Holiday, Prince… C’est essentiellement rock’n’roll mais il y a beaucoup d’éléments différents. On met toutes nos différentes influences dans des chansons de trois ou quatre minutes.
Certains disent que vous faites du garage rock, d’autres qu’il s’agit de pop/rock.
Jamie Morrison : C’est rock’n’roll avant tout, que ce soit du garage rock ou du punk rock. C’est une question d’esprit. Ce n’est pas un son mais plus une émotion. On est aussi bien garage, punk etc… On est tout ces styles sans en être un précisément. On est un peu de tout.
Cet été, vous avez joué au festival Rock En Seine à Paris. Est-ce que vous savez que vous avez été proclamé « révélation » du festival ?
Jamie Morrison : La révélation du festival ? Oh, mon dieu. Je ne le savais pas, mais c’est cool.
Comment s’est passé ce festival ?
Jamie Morrison : J’ai adoré. C’était dingue. Vraiment très beau. C’est ce à quoi je rêvais lorsque j’imaginais ce que pouvait être un festival. Quelque chose de très beau avec de très belles femmes. C’était vraiment super.
Du soleil, des femmes. C’était parfait ?
Jamie Morrison : En fait, il pleuvait quand on est arrivé. C’était trempé mais sympa. Tout le monde était vraiment dedans. Il y avait aussi les groupes M.I.A., Arcade Fire… C’était génial, j’ai adoré.
Qu’est ce que tu ressens quand tu reçois de telles critiques positives ?
Jamie Morrison : Je n’avais jamais entendu ce que tu viens de me dire. Je ne m’intéresse pas à ce que les autres peuvent penser. C’est super qu’ils pensent ça mais cela ne représente rien pour moi. Nous faisons de la musique depuis trois ou quatre ans. On fait toujours la même chose mais c’est seulement maintenant que les gens commencent à en parler. C’est cool d’entendre ces choses mais si on commence à y prêter attention, on va devenir insupportable. Je ne veux pas que cela arrive.
Tu veux juste jouer de la musique. Le reste est secondaire ?
Jamie Morrison : Oui, c’est la meilleure attitude à adopter maintenant. Juste écrire des chansons, faire des concerts et ne pas se soucier de ce que pensent les gens. Je ne veux pas être influencé. Je ne veux pas écrire des chansons pour les journalistes. On a déjà vu beaucoup de groupes le faire et cela ne marche pas. Cela peut fonctionner au début durant quelques mois mais pas pendant dix ans. Tu fais de la musique pour qu’elle dure, pour qu’elle soit écoutée par tes enfants dans vingt ans. Je ne veux pas écouter du 5O Cent. J’aime bien ce qu’il fait mais je ne veux pas l’écouter. Je veux que les gens se souviennent ce que c’était que de voir un putain de bon groupe. Je n’ai jamais vu Led Zeppelin en concert mais je peux imaginer comment c’était. Je veux que les gens aient le même sentiment dans vingt ans. Peut-être que notre groupe n’y arrivera pas mais on va peut-être influencer une autre formation. Peut-être que quelqu’un dans le public, rentrera chez lui après notre concert et formera un groupe. Ce sera peut-être cette formation dont on se souviendra. Ignorer ce que les gens disent, est probablement la meilleure chose à faire maintenant. On a eu tellement de critiques négatives.
De quelle partie du Royaume-Uni, venez-vous ?
Jamie Morrison : Nous sommes tous d’Angleterre, mais nous avons des origines d’un peu partout dans le monde. La famille de Shingai (NDLR : Shingai Shoniwa, la chanteuse et bassiste) vient d’Afrique. La mère de Dan (NDLR : Dan Smith, le guitariste) est originaire de Trinidad. Mes parents sont écossais. Nous vivons tous à Londres désormais. On peut dire que nous sommes un groupe londonien. Mais nous avons beaucoup voyagé pour des concerts, bien avant de réaliser un album. Nous avons du jouer en France au moins une dizaine de fois. Nous avons découvert toutes ces cultures avant de réaliser notre album. On ne se connaissait même pas encore beaucoup dans le groupe. Nous sommes un groupe de Londres mais nous ne sonnons pas comme un groupe londonien.
Tu penses qu’il y a vraiment un son londonien ?
Jamie Morrison : Oui, vraiment. Il y a un son londonien rock indépendant et un peu brut. Des Libertines jusqu’au Maccabees. C’est une bonne chose, c’est cool d’avoir un son. Mais nous, nous n’en avons pas. Nous avons un peu de tout.
C’est plus un son mondial ?
Jamie Morrison : Oui, je pense (Rires). C’est la manière dont cela marche !





