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The Strange Death of Liberal England "EXPRIMER SES RêVES"
le 02/12/2007 par Vivien
Adrenalyn a interviewé Adam Woolway, chanteur principal et guitariste de The Strange Death of Liberal England, lors de leur passage parisien. Groupe anglais, mais interview en français à la demande expresse du chanteur. Belle rencontre avec un artiste passionnée et dont la musique est une boîte à expressions. Auteur de l'excellent Forward March!, on attend impatiemment la suite.
Strange Death of Liberal England a un nom bizarre. Long, intellectuel. Clairement, le genre de noms qui soulèvent la curiosité quand on le voit dans les bacs. Ce groupe fait de l’ « apolyptic post-rock » nous apprend Google. Kezako ? « Une erreur, nous explique le leader du groupe Adam Woolway en français, et je ne peux pas le changer. » Ce serait donc de l’ « apolyptical post-rock ».
Pas facile de cerner le type de son. L’inspiration première chez SDOLE, c’est Mogwai et Godspeed You Black Emperor. Au départ, le groupe avait pris le même chemin. Du post-rock complètement instrumental. « Sur notre premier disque, il n’y a pas beaucoup de paroles, raconte Woolway, c’était notre époque post-rock. Après, on a découvert qu’il y a des limites avec la musique instrumentale. Nous nous sommes dits que nous voulions exprimer quelque chose de plus. » D’où un vote à bulletin ouvert : qui veut chanter ? Un silence a pesé dans la pièce et Woolway, seul volontaire réticent, est devenu chanteur. Comme ça marche, il continue. Tout le monde s’y met maintenant, ils sont quatre à prendre le micro.
Clip de "Oh Solitude"
« UN GROUPE QUI MARCHE ENSEMBLE, QUI TRAVAILLE ENSEMBLE »
A l’écoute de leur premier mini-album Forward March, l’auditeur ne cesse de faire catapulter d’un mur de la pièce à l’autre. Avec Strange Death, après la pluie, le tsunami. « Au départ, j’écris une chanson acoustique avec ma voix timide, raconte le chanteur principal. Puis, je rencontre les autres et on la change complètement. » Et le chaos ? « Il faut être sûr que ce soit un chaos contrôlé, précise Woolway. Strange Death of Liberal England n’est pas cinq individus, mais plutôt un groupe qui marche ensemble. »
Marcher ensemble ! Une communauté ! La hantise de l’anonymat ! Le rejet de l’homme urbain sans identité noyé dans le désert des gratte-ciels ! Dans ce groupe, tout est une question d’expression. Dans “Oh Solitude”, Woolway chante « I paint my dreams upon the wall ». Tout est là ! S’affirmer, se différencier d’une populace, rêver. « Il faut vivre pour les rêves, clame le frontman. Dans Forward March, il y a beaucoup de réflexions sur la vie moderne. Il y a aussi d’autres réflexions sur le travail – il faut travailler dans un boulot nul jusqu’à 65 ans. Si on a des rêves, il faut les suivre, même si on ne peut pas gagner d’argent. »
Strange Death, du moins Woolway, se pose également beaucoup de questions spirituelles. Ses idées sont claires à ce sujet, que ce soit dans l’album ou dans ses propos. « Pour moi, la grande question, c’est l’existence de Dieu et de la religion. Comme individus, nous rejetons l’idée qu’il y a un Dieu tout-puissant. Il faut questionner cette idée. Maintenant, sans Dieu, nous pouvons marcher vers l’avenir. »
STRANGE DEATH, FORCEMENT POLITIQUE
Alors, Sreange Death of Liberal England, un groupe politique ? Le frontman a offert une telle réponse à cette question, en français faut-il le rappeler, qu’on se doit de retranscrire in extenso : « Je ne veux pas être dans un groupe comme ça. Je veux être dans un groupe démocratique. Je pense que dans le groupe, c’est ce que nous exprimons. Les paroles, la musique et les thèmes, ce sont nos pensées. C’est un groupe qui reflète nos points de vue et nos pensées. Nous voulons attaquer les grandes questions.
En Angleterre, il y a beaucoup de gens qui n’aiment pas les chansons qui parlent de politique, parce qu’ils trouvent ça prétentieux. Pour moi, prétentieux, ça signifie qu’il y a une différence entre les chansons et les personnes. Ca sonne faux. On ne peut pas écrire quelque chose qui ne soit pas politique, parce qu’on vit dans un monde politique. Et donc quand on chante la vie, on chante de la politique. Même Oasis, s’ils chantent de la bière qu’ils ont bu la semaine dernière, c’est une image de leur vie, et ils habitent dans un monde démocratique, et sans le savoir, ils parlent de politique aussi. »
Après la sortie d’un premier mini-album qui ne cesse de nous faire tourner la tête Strange Death s’apprête à « se cacher » en studio avec une sortie probable l’année prochaine. « Je suis très impatient, parce que je pense que nous avons beaucoup à dire, à communiquer. »
Clip de "A Day Another Day"





