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Adrenalyn Mix#4

[ 2007-08-28 • electro/rock ]

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AaRON AARON @ THéâTRE SéBASTOPOL, LILLE, 24/10/07

le 25/10/2007 par stephie

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Un double disque d’or pour plus de 170 000 d’albums vendus. Une nomination pour le prix Constantin. Les deux membres d’AaRON se souviendront longtemps de cette année 2007. Perchés sur leur petit nuage du succès, Simon Buret (le chanteur) et Olivier Coursier (l’arrangeur) font salle comble à chacune de leur escale musicale. Maîtres d’œuvre d’un pop/rock intimiste, ils se permettent même de choisir un théâtre comme lieu de leur prestation.

Le duo qui ouvre cette soirée 100% française aimerait bien accéder à la même renommée hexagonale. Jeune lauréat du prix CQFD 2007 des Inrocks, Cocoon s’apprête à sortir à la fin du mois un premier opus dramatiquement intitulé My Friends All Died In A Plane Crash. C’est pourtant avec de larges sourires que Mark Daumail et Morgane Imbeaud montent sur scène. Le groupe auvergnat a opté pour un style des plus dépouillés. Le chanteur ne lâche pas sa guitare acoustique tandis que sa moitié tient le rôle de choriste timidement derrière son piano. Libéré de tout patriotisme musical, Cocoon a choisi l’expression anglaise. Le duo distille de gentillettes ballades folk. Malheureusement, trop de douceur tue la douceur. À force de parler de pandas et de contrées imaginaires, la jeune formation se perd dans le répétitif. Les chansons s’enchaînent sans grand contraste. Seules extravagances programmées, une reprise étonnante de Hey Ya d’Outkast et un yukulélé exhibé fièrement par Mark lors du dernier morceau.

Pour accueillir les deux dandys de la soirée, la flamboyante salle rouge du Sébastopol est plongée dans un noir complet. La silhouette de Simon se dessine sur la scène tandis que sa voix s’élève délicatement pour interpréter leur unique morceau en français, Le Tunnel D’Or. A peine apparaît le visage du beau gosse comédien, que les cris de ses jeunes admiratrices retentissent dans le public. AaRON ne doit pas son succès qu’à ses romantiques titres pop. Les attraits physiques indiscutables de Simon et Olivier y sont aussi pour quelque chose. Mais dans la semi-obscurité qui règne sur le Sébastopol, il est bien difficile d’apercevoir leur plastique. Le duo installe un décor sombre et confidentiel accentué par la présence d’un violoncelle. Olivier reste statiquement assis à son piano près de son ordinateur tandis que Simon occupe l’espace.

Peu à peu, le chanteur semble oublier le caractère mélancolique des titres d’Artificial Animals Riding On Neverland et se lance dans des chorégraphies désarticulées. A mi-chemin entre une danse irlandaise et une imitation d’oiseau, il tourbillonne dans tous les sens sur Blow ou encore O-Song. Musicalement schizophrène, AaRON hésite entre atmosphère rock et ambiance plus feutré. Debout devant un mur d’étoiles lumineux, Simon se métamorphose en romantique transi sur les titres comme Beautiful Scar ou Last Night Throughts.

Le jeune homme au costume griffé soulève ensuite la salle lorsque retentissent les premières notes de U-Turn (Lili) . Un public rallié à sa cause reprend sans peine les paroles de ce tube au parfum de salles de cinéma. Preuve de son bon goût musical, AaRON s’attaque même à Bachelorette de Björk. Les deux parisiens ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour espérer égaler un jour la reine islandaise, mais l’effort mérite d’être noté.

Tombés sous le charme de la magnifique salle du Sébastopol, ils gratifient leur public très féminin de deux rappels. «Cela me fera un putain de souvenir quand je serai vieux», lâche Simon en revenant sur scène. Olivier se détache un peu de son piano et vient accompagner à la guitare son acolyte sur le très acoustique Mister K. Avec une note dramatique, AaRON conclut ce concert comme il l’avait commencé. Coiffé d’un chapeau qui lui donne un air de petit garçon, Simon se lance dans une interprétation du tourmenté Famous Blue Raincoat de Leonard Cohen. Tels des enfants surexcités, les deux musiciens profitent pleinement des dernières minutes qui leur restent sur la scène lilloise. Ils prennent une photo de la salle sous les hurlements de plusieurs jeunes demoiselles hystériques. À force de jouer sur la corde sensible, prenez garde Messieurs, à ne pas tomber dans le piège du groupe à minettes…